Union Européenne
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Le Parlement Européen
Interventions
20 questions à Madame Maria Petre
Je ne dirais pas que c'est difficile, mais plutôt que c'est intéressant. Le groupe politique dont je fais partie détient le plus de sièges au sein du Parlement européen, ce qui procure un certain confort et l'assurance que notre voix, en harmonie avec celle du groupe, compte même dans les décisions importantes. Je suis fière de faire partie de ce groupe car il possède des valeurs claires et fermes sur les grands dossiers européens. Le fait que nous soyons 27 nationalités au sein du groupe ne pose aucun problème, car chaque membre a la possibilité de s'exprimer dans sa langue maternelle. La délégation roumaine en particulier s'est très bien intégrée au sein du groupe depuis le 1er janvier 2007.
Ce qui unit les deux sièges de travail parlementaire est le fait qu'on y organise des séances plénières non seulement à Strasbourg, mais également à Bruxelles sous forme de mini-sessions. Cependant, ce qui les différencie, c'est le type d'activité qui s'y déroule. A Bruxelles ont lieu toutes les réunions des groupes politiques et celles des commissions parlementaires, alors qu'à Strasbourg, les députés se réunissent en séance plénière avec des réunions exceptionnelles de groupe et de commission.
Pour le moment, nous sommes confrontés au débat fondamental concernant le Traité Constitutionnel. Ce qui laisse l'UE sans bases juridiques pour une nouvelle extension du territoire européen vers les pays comme la Croatie ainsi que les Balkans de l'Ouest. Ces éléments laissent à croire que l'UE a un problème. Cependant, je reste optimiste car lorsqu'on retrace l'histoire de l'Union européenne, aucune des grandes étapes de son évolution ne s'est accomplie sans difficulté.
Je me souviens d'un moment particulièrement intéressant, lorsque j'étais d'observateur au Parlement européen. J'étais alors membre de la Commission Affaires Etrangères, le collègue Elmar Brok avait invité à l'une de nos réunions le Dalai Lama. L'atmosphère dans notre salle de réunion était tout à fait spéciale, proche d'une cérémonie religieuse. Et je souhaiterais citer le Dalai Lama qui répondait à une question semblable à celle-ci. Il a dit: "L'Union européenne ne sera réellement puissante que lorsqu'elle aura la Russie comme pays candidat". C'est une réponse qui peut surprendre, mais en réalité, même si la Russie se trouve à cheval entre deux continents, elle fait partie de l'Europe.
En tant que député originaire d'un nouvel Etat membre, je porte un intérêt particulier pour les sujets qui concernent la politique de cohésion et l'élimination des déséquilibres économiques qui existent entre les différentes régions d'Europe. J'ai aussi un grand intérêt pour les perspectives financières de l'UE de 2007-2013. En effet, si les Etats membres n'étaient pas parvenus à un accord, les financements des projets européens auraient pris beaucoup plus de temps.
Ma réponse est clairement oui. D'ailleurs, l'Union Européenne s'implique de façon active à les faire respecter. Il s'agit d'un aspect prioritaire dans le cadre de la politique de voisinage. Le système des délégations de députés envoyées par le Parlement Européen permet de se faire une idée précise de ce qui se passe sur le terrain et d'agir en conséquence.
Ainsi que le montrent les études de la BCE et les analyses des experts économiques, la monnaie unique européenne a été un succès et est un élément de croissance économique. Chaque Etat membre qui le souhaite et qui respecte les critères de convergence peut entrer dans la zone euro. Bien sûr, la situation délicate des pays qui ne souhaitent pas renoncer à leur monnaie nationale peut compliquer les choses. Le cas de la Grande-Bretagne est bien connu et nous savons qu'elle ne s'oppose pas uniquement à l'euro. Ceci peut compromettre la cohésion de l'Europe.
Il existe des structures qui permettent aux citoyens de visiter les institutions européennes tout au long de l'année, durant la journée "portes ouvertes" du 9 mai, dans le cadre des groupes invités par le député… Ces activités jointes aux publications et aux communications publiques ne sont pas suffisantes. On constate notamment lors des élections européennes que le taux de participation est très faible, ce qui trahit le désintérêt des citoyens. Je pense que chaque député doit promouvoir l'Europe dans son pays et dans sa région. Cela peut se faire par des campagnes de sensibilisation, le développement de réseaux Internet dans les régions reculées, la mise à disposition d'un site Web informatif, d'un bureau d'information, afin que la population en sache plus sur ce qui se décide au niveau européen. Bien sûr les députés représentent la voix du peuple, c'est à eux qu'il faut s'adresser pour exprimer ses attentes et ses préoccupations sur les dossiers traités à Bruxelles. Ces mesures permettront d'apporter le débat européen jusqu'au citoyen et faire croître la confiance dans les institutions européennes.
C'est un parcours assez complexe: les 15 premières années de ma carrière ont été marquées par la consolidation du plan professionnel. J'ai monté les échelons un à un sur le plan technocratique jusqu'à atteindre la plus haute fonction au Conseil départemental dans lequel je travaillais. En 1992, on m'a proposé d'être candidate pour un premier mandat public. J'ai assuré deux mandats d'élue locale où ma principale responsabilité consistait à assurer la bonne gestion du budget de l'unité de développement du département de Ialomita. Je suis devenue sénateur en 2000 et à ce poste, j'ai pu utiliser mon expérience professionnelle ainsi que mon expérience politique. Pendant le deuxième mandat de sénateur, le Parti Démocrate dont je fais partie m'a confié la responsabilité, complètement nouvelle et extrêmement intéressante pour mes collègues et moi-même, d'observateur au Parlement européen dans la période de pré - adhésion. Depuis le 1er janvier 2007, mon statut a changé et je suis membre du Parlement européen au même titre que mes collègues d'autres nationalités. Ce statut deviendra démocratique une fois que les citoyens roumains se seront exprimés le 25 novembre prochain. D'un point de vue professionnel et politique, ma carrière a évolué constamment et je suis très honorée de représenter mon département ainsi que mon pays au sein du Parlement européen. Au fond, mes collègues du Parti Démocrate et moi-même nous représentons chacun une partie des citoyens roumains qui soutiennent notre parti et nous espérons que le nombre de mandats du parti va augmenter aux prochaines élections.
Il existe des sujets prioritaires qui touchent à la vie quotidienne de tous les Européens. Nous en avons parlé tout à l'heure, il s'agit de la protection du consommateur, domaine préoccupant. L'Europe intervient déjà quant à la qualité des aliments que nous consommons, la réglementation de l'utilisation des OGM dans les aliments. Cependant, on constate encore des problèmes et là l'Europe doit déployer plus de moyens encore. En matière de transports, les réglementations sont déjà nombreuses mais c'est un secteur qui ne doit pas être délaissé.
Il est évident que c'est impossible de ramener toutes les compétences au niveau européen. Je pense qu'il existe des domaines qui doivent être réglementés par les Etats membres. Des domaines tels que la sécurité sociale ou encore la santé sont adaptés aux spécificités du pays et seront donc gérés de manière plus efficace au niveau national qu'au niveau européen.
Le plus grand avantage des roumains, c'est cette liberté nouvelle de mouvement qu'ils ont acquis avec l'adhésion. Au bout de 45 ans de communisme, cette liberté était presque devenue un rêve irréalisable. Ensuite, avec son adhésion, la Roumanie bénéficie d'importants financements de la part de l'Union européenne. Ces financements lui permettront de se développer et, nous l'espérons, de rattraper assez vite le retard pris ces 45 dernières années en matière de développement rural, d'infrastructures publiques, d'environnement, etc. En troisième lieu, la Roumanie, grêce à sa taille et sa population, bénéficie d'un certain poids dans les décisions européennes et cela lui confère un avantage important.
La Roumanie arrive dans l'Union Européenne avec une valeur ajoutée déjà dans le domaine culturel, avec des écrivains, des sculpteurs, des peintres. Ensuite, les 2 millions de citoyens Roumains qui travaillent en Europe, ceux qui promeuvent la culture roumaine, reconnus et appréciés par leurs partenaires. En dehors du capital humain et culturel, la Roumanie possède une situation géographique particulière qui en fait, avec l'ouverture sur la mer Noire, une zone clé dans la politique de voisinage de l'Union Européenne.
En dehors des activités organisées dans les institutions européennes, dans les capitales européennes, je pense que des évènements devraient être avoir lieu dans chaque région de chaque Etat membre, afin que les citoyens ressentent ce jour-là que c'est une fête qui s'adresse à eux. Les événements doivent aussi être plus diversifiés, des concours pour les enfants, des concerts gratuits mettant en scène des artistes européens afin que les citoyens se sentent plus européens. Et pour cela, les députés européens doivent être un très bon relais dans leur pays en ayant plus de créativité et d'initiative.
Il y a encore beaucoup de personnalités européennes que je souhaiterais citer mais je vais me limiter à quelques unes. Durant la période de pré - adhésion, j'ai eu la chance de connaître le président du PPE qui est aujourd'hui président du Parlement Européen, Monsieur Pöttering. Il s'agit d'une personne très impressionnante, compétente et rigoureuse. à cette même époque, le président du Parlement était Monsieur Borrel-Fontelles. Il a joué un rôle très important et efficace dans l'adhésion de la Roumanie. Une personnalité tout aussi impressionnante est Monsieur Barnier, ancien commissaire européen qui, en plus de sa contribution à l'histoire récente de l'UE, a une position importante dans les domaines de protection civile et les mécanismes de défense de l'UE dans les zones de catastrophes et de désastres. J'ai beaucoup d'affection pour mesdames Nicole Fontaine et Doris Pack. Cette dernière, la présidente de l'organisation des femmes du PPE, tient à ses convictions et fait intervenir le problème de l'égalité des genres dans la plupart des débats qui ont lieu dans l'enceinte du Parlement Européen.
En tant que membre de la délégation au Parlement Européen des relations UE-Moldavie, le rêve que je souhaiterais concrétiser est que la République de Moldavie, dans un laps de temps raisonnable nécessaire pour se remettre à niveau, adhère à l'Union européenne.
Je crois en la liberté, je crois en la solidarité européenne, je crois en la cohésion.
J'ai rencontré des difficultés en effet, surtout dans la première partie de carrière politique, lorsque mes deux enfants étaient encore petits et lorsque je me demandais souvent si je ne devrais pas m'impliquer moins dans la vie publique. Heureusement, j'ai eu la chance d'avoir des enfants très sages et studieux, ne rencontrant aucun problème à l'école. En voyant la réussite scolaire et professionnelle, je pense que j'ai réussi à concilier harmonieusement ma vie de famille et mon mandat politique. Je suis pleinement satisfaite de ce que j'ai accompli.
Au début, il y a eu quelques obstacles que j'ai dû surmonter. Mais j'ai un principe très clair, je pense que lorsqu'on s'implique sincèrement dans son travail et qu'on l'exécute avec rigueur, on finit toujours par être récompensé. En procédant de cette façon, les gens oublient vite qu'on est un homme ou une femme. Il existe alors une réalité qui ne peut être contestée, celle du travail bien fait.
La Commission européenne dispose de l'initiative normative. Elle transmet sa proposition de "texte législatif" au Parlement. Lors de la réunion de la "Conférence des présidents", les groupes politiques négocient pour déterminer à quel groupe politique appartiendra le rapporteur. Une fois les négociations terminées, le groupe politique désignera son rapporteur dans la commission parlementaire concernée par la matière traitée. Les autres groupes politiques nommeront un rapporteur fictif (ou shadow rapporteur) chargé de suivre plus attentivement le rapport et d'informer le groupe de ses intérêts. |