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20 questions à Madame Maria Petre

1. Est-il difficile de faire partie d'un groupe politique qui compte autant de nationalités différentes?
2. Préférez-vous travailler à Bruxelles ou à Strasbourg ? Pourquoi ?
3. Comment voyez-vous l'avenir de l'Union européenne?
Comment celle-ci va-t-elle évoluer ?
4. Quelles limites doit-on mettre à l'élargissement de l'Europe?
5. Quelles matières vous attirent le plus dans les compétences européennes?
6. Pensez-vous que l'Europe ait le devoir de défendre les droits de l'homme à travers le monde?
7. Pensez-vous que tous les pays européens devraient utiliser l'euro? L'exclusion volontaire de certains pays de la zone euro pourrait-elle être dommageable pour l'économie européenne?
8. Comment rendre l'Europe plus proche des citoyens?
9. Quel fut votre parcours avant d'être élue députée européen?
10. Qu'est-ce que l'Europe peut améliorer dans le quotidien des Européens?
11. Pensez-vous que certaines matières doivent rester de la compétence propre des Etats?
12. Quels sont les avantages de Roumanie en tant que membre de l'Union Européenne?
13. Quelle plus-value pensez vous que la Roumanie apporte à l'Union européenne?
14. Quelles festivités voudriez-vous voir se réaliser lors de la Journée de l'Europe?
15. Pour vous, quelles sont les personnalités les plus emblématiques de l'Europe? En quoi ces personnes sont-elles remarquables?
16. De quoi rêvez-vous pour l'Europe?
17. Quelles sont les valeurs auxquelles vous croyez?
18. Avez-vous éprouvé des difficultés à concilier votre rôle de mère avec votre mandat politique?
19. Avez-vous rencontré des difficultés en tant que femme à entrer en politique? Si oui, lesquelles?
20. Quel est le cheminement d'un rapport au sein du Parlement européen, de sa création jusqu'à son adoption en séance plénière?

 

1.
Est-il difficile de faire partie d'un groupe politique qui compte autant de nationalités différentes?

Je ne dirais pas que c'est difficile, mais plutôt que c'est intéressant. Le groupe politique dont je fais partie détient le plus de sièges au sein du Parlement européen, ce qui procure un certain confort et l'assurance que notre voix, en harmonie avec celle du groupe, compte même dans les décisions importantes. Je suis fière de faire partie de ce groupe car il possède des valeurs claires et fermes sur les grands dossiers européens. Le fait que nous soyons 27 nationalités au sein du groupe ne pose aucun problème, car chaque membre a la possibilité de s'exprimer dans sa langue maternelle. La délégation roumaine en particulier s'est très bien intégrée au sein du groupe depuis le 1er janvier 2007.

2.
Préférez-vous travailler à Bruxelles ou à Strasbourg ? Pourquoi ?

Ce qui unit les deux sièges de travail parlementaire est le fait qu'on y organise des séances plénières non seulement à Strasbourg, mais également à Bruxelles sous forme de mini-sessions. Cependant, ce qui les différencie, c'est le type d'activité qui s'y déroule. A Bruxelles ont lieu toutes les réunions des groupes politiques et celles des commissions parlementaires, alors qu'à Strasbourg, les députés se réunissent en séance plénière avec des réunions exceptionnelles de groupe et de commission.

Les difficultés que je rencontre durant ce voyage incessant entre Bruxelles et Strasbourg tiennent essentiellement des transports. A l'exception des députés qui habitent à proximité, les transports ne sont pas encore au point, du moins en partance de Roumanie. Je suis sure que ça ne tardera pas à se développer. En dehors de ces détails pratiques, il est très intéressant de passer une semaine à Strasbourg, dans un cadre culturel tout à fait particulier, ce mariage réussi entre la culture germanique et la culture française. Avec l'arrivée des employés du Parlement Européen, Strasbourg s'anime. D'autre part, ce qui est triste, c'est de voir le Parlement Européen le vendredi matin, désert, telle une cité prise d'assaut pendant quatre jours puis brusquement abandonnée.

Au sujet du siège du Parlement Européen, je suis d'avis qu'il doit garder celui de Strasbourg où se trouvent ses origines. Aucune grande institution ne devrait délaisser ses origines. Tel un arbre auquel on a coupe les racines, il ne vit plus.

3.
Comment voyez-vous l'avenir de l'Union européenne? Comment celle-ci va-t-elle évoluer ?

Pour le moment, nous sommes confrontés au débat fondamental concernant le Traité Constitutionnel. Ce qui laisse l'UE sans bases juridiques pour une nouvelle extension du territoire européen vers les pays comme la Croatie ainsi que les Balkans de l'Ouest. Ces éléments laissent à croire que l'UE a un problème. Cependant, je reste optimiste car lorsqu'on retrace l'histoire de l'Union européenne, aucune des grandes étapes de son évolution ne s'est accomplie sans difficulté.
Le système de présidence rotative, s'il est modifié, apportera une meilleure cohérence des politiques européennes et donc améliorera la compréhension des citoyens. L'Europe dépend surtout de ce que ses citoyens décident d'en faire, soit ils soutiennent la volonté de créer une Europe politique, soit ils préfèreront favoriser les nationalismes et l'Europe perdra son potentiel d'acteur politique mondial.

4.
Quelles limites doit-on mettre à l'élargissement de l'Europe?

Je me souviens d'un moment particulièrement intéressant, lorsque j'étais d'observateur au Parlement européen. J'étais alors membre de la Commission Affaires Etrangères, le collègue Elmar Brok avait invité à l'une de nos réunions le Dalai Lama. L'atmosphère dans notre salle de réunion était tout à fait spéciale, proche d'une cérémonie religieuse. Et je souhaiterais citer le Dalai Lama qui répondait à une question semblable à celle-ci. Il a dit: "L'Union européenne ne sera réellement puissante que lorsqu'elle aura la Russie comme pays candidat". C'est une réponse qui peut surprendre, mais en réalité, même si la Russie se trouve à cheval entre deux continents, elle fait partie de l'Europe.
Bien évidemment, il faut laisser les choses suivre leur cours. L'Europe peut sembler en opposition avec la Russie, mais les évolutions historiques de ces dernières 60 années nous démontrent que cela est possible. Qui aurait pu croire à l'époque que le mur de Berlin et le Rideau de fer allaient pouvoir un jour s'effondrer? Et voici qu'aujourd'hui ils ont disparu comme s'ils n'avaient jamais existé. Je suis convaincue que les idéologies et les mentalités évoluent et qu'un jour, la Russie fera partie de l'Europe.

5.
Quelles matières vous attirent le plus dans les compétences européennes?

En tant que député originaire d'un nouvel Etat membre, je porte un intérêt particulier pour les sujets qui concernent la politique de cohésion et l'élimination des déséquilibres économiques qui existent entre les différentes régions d'Europe. J'ai aussi un grand intérêt pour les perspectives financières de l'UE de 2007-2013. En effet, si les Etats membres n'étaient pas parvenus à un accord, les financements des projets européens auraient pris beaucoup plus de temps.
Les rapports discutés en Commission de Développement Régional ont également beaucoup d'importance pour moi. Les projets qui y sont élaborés sont capitaux pour la remise à niveau de la Roumanie. C'est pour ces raisons que j'ai choisi d'être membre titulaire de cette commission. D'autre part, il existe encore de nombreux dossiers qui ont un impact direct sur la Roumanie, en l'occurrence la protection du consommateur, la libéralisation de certains services (tels que la directive sur les services postaux).

6.
Pensez-vous que l'Europe ait le devoir de défendre les droits de l'homme à travers le monde?

Ma réponse est clairement oui. D'ailleurs, l'Union Européenne s'implique de façon active à les faire respecter. Il s'agit d'un aspect prioritaire dans le cadre de la politique de voisinage. Le système des délégations de députés envoyées par le Parlement Européen permet de se faire une idée précise de ce qui se passe sur le terrain et d'agir en conséquence.

De plus, l'Union européenne est une réalité pour le monde entier et pas seulement pour l'Europe. C'est pourquoi je pense qu'elle doit être présente au moins là où les droits de l'homme sont enfreints. C'est un domaine très sensible auquel l'UE tient beaucoup, il suffit de regarder le nombre d'interventions en commission ou en séance plénière ainsi que les témoignages de victimes des violations de leurs droits. Je suis membre de la délégation des relations entre l'UE et la République de Moldavie et c'est dans ce cadre que j'ai eu l'occasion de rencontrer les prisonniers du régime illégitime de Tiraspol. Le récit de leur passage en prison a été très poignant et a donné une motivation supplémentaire à notre délégation de mener jusqu'au bout les projets entamés.

Il faut préciser qu'en plus des mécanismes politiques que l'UE utilise, elle possède des mécanismes financiers très convaincants. Elle finance une série de projets de façon directe et indirecte, aboutissant à des changements majeurs que les élus locaux n'auraient pu accomplir sans son aide. Je souhaite que l'action de l'UE en dehors de ces frontières continue et soit de plus en plus efficace.

7.
Pensez-vous que tous les pays européens devraient utiliser l'euro? L'exclusion volontaire de certains pays de la zone euro pourrait-elle être dommageable pour l'économie européenne?

Ainsi que le montrent les études de la BCE et les analyses des experts économiques, la monnaie unique européenne a été un succès et est un élément de croissance économique. Chaque Etat membre qui le souhaite et qui respecte les critères de convergence peut entrer dans la zone euro. Bien sûr, la situation délicate des pays qui ne souhaitent pas renoncer à leur monnaie nationale peut compliquer les choses. Le cas de la Grande-Bretagne est bien connu et nous savons qu'elle ne s'oppose pas uniquement à l'euro. Ceci peut compromettre la cohésion de l'Europe.

Je souhaite cependant que les évènements futurs fassent diminuer l'euro - scepticisme ambiant. Avec le temps, les pays décideront peut-être de se détacher de leur monnaie nationale.

8.
Comment rendre l'Europe plus proche des citoyens?

Il existe des structures qui permettent aux citoyens de visiter les institutions européennes tout au long de l'année, durant la journée "portes ouvertes" du 9 mai, dans le cadre des groupes invités par le député… Ces activités jointes aux publications et aux communications publiques ne sont pas suffisantes. On constate notamment lors des élections européennes que le taux de participation est très faible, ce qui trahit le désintérêt des citoyens. Je pense que chaque député doit promouvoir l'Europe dans son pays et dans sa région. Cela peut se faire par des campagnes de sensibilisation, le développement de réseaux Internet dans les régions reculées, la mise à disposition d'un site Web informatif, d'un bureau d'information, afin que la population en sache plus sur ce qui se décide au niveau européen. Bien sûr les députés représentent la voix du peuple, c'est à eux qu'il faut s'adresser pour exprimer ses attentes et ses préoccupations sur les dossiers traités à Bruxelles. Ces mesures permettront d'apporter le débat européen jusqu'au citoyen et faire croître la confiance dans les institutions européennes.

En Roumanie, nous avons la chance d'avoir un soutien important à l'UE révélé par les sondages. Je souhaite que cette confiance de nos citoyens en l'Europe se reflète dans les élections du 25 novembre. Et que nous, mandataires politiques, nous soyons en mesure de maintenir cette confiance élevée par la construction de projets avec nos citoyens afin de développer le pays. Nous pourrons en faire la preuve lorsque les efforts du pays tout entier feront parvenir dans 15 ans la Roumanie au niveau de développement de l'Espagne et du Portugal.

9.
Quel fut votre parcours avant d'être élue députée européen?

C'est un parcours assez complexe: les 15 premières années de ma carrière ont été marquées par la consolidation du plan professionnel. J'ai monté les échelons un à un sur le plan technocratique jusqu'à atteindre la plus haute fonction au Conseil départemental dans lequel je travaillais. En 1992, on m'a proposé d'être candidate pour un premier mandat public. J'ai assuré deux mandats d'élue locale où ma principale responsabilité consistait à assurer la bonne gestion du budget de l'unité de développement du département de Ialomita. Je suis devenue sénateur en 2000 et à ce poste, j'ai pu utiliser mon expérience professionnelle ainsi que mon expérience politique. Pendant le deuxième mandat de sénateur, le Parti Démocrate dont je fais partie m'a confié la responsabilité, complètement nouvelle et extrêmement intéressante pour mes collègues et moi-même, d'observateur au Parlement européen dans la période de pré - adhésion. Depuis le 1er janvier 2007, mon statut a changé et je suis membre du Parlement européen au même titre que mes collègues d'autres nationalités. Ce statut deviendra démocratique une fois que les citoyens roumains se seront exprimés le 25 novembre prochain. D'un point de vue professionnel et politique, ma carrière a évolué constamment et je suis très honorée de représenter mon département ainsi que mon pays au sein du Parlement européen. Au fond, mes collègues du Parti Démocrate et moi-même nous représentons chacun une partie des citoyens roumains qui soutiennent notre parti et nous espérons que le nombre de mandats du parti va augmenter aux prochaines élections.

10.
Qu'est-ce que l'Europe peut améliorer dans le quotidien des Européens?

Il existe des sujets prioritaires qui touchent à la vie quotidienne de tous les Européens. Nous en avons parlé tout à l'heure, il s'agit de la protection du consommateur, domaine préoccupant. L'Europe intervient déjà quant à la qualité des aliments que nous consommons, la réglementation de l'utilisation des OGM dans les aliments. Cependant, on constate encore des problèmes et là l'Europe doit déployer plus de moyens encore. En matière de transports, les réglementations sont déjà nombreuses mais c'est un secteur qui ne doit pas être délaissé.

11.
Pensez-vous que certaines matières doivent rester de la compétence propre des Etats?

Il est évident que c'est impossible de ramener toutes les compétences au niveau européen. Je pense qu'il existe des domaines qui doivent être réglementés par les Etats membres. Des domaines tels que la sécurité sociale ou encore la santé sont adaptés aux spécificités du pays et seront donc gérés de manière plus efficace au niveau national qu'au niveau européen.

12.
Quels sont les avantages de Roumanie en tant que membre de l'Union Européenne?

Le plus grand avantage des roumains, c'est cette liberté nouvelle de mouvement qu'ils ont acquis avec l'adhésion. Au bout de 45 ans de communisme, cette liberté était presque devenue un rêve irréalisable. Ensuite, avec son adhésion, la Roumanie bénéficie d'importants financements de la part de l'Union européenne. Ces financements lui permettront de se développer et, nous l'espérons, de rattraper assez vite le retard pris ces 45 dernières années en matière de développement rural, d'infrastructures publiques, d'environnement, etc. En troisième lieu, la Roumanie, grêce à sa taille et sa population, bénéficie d'un certain poids dans les décisions européennes et cela lui confère un avantage important.

13.
Quelle plus-value pensez vous que la Roumanie apporte à l'Union européenne?

La Roumanie arrive dans l'Union Européenne avec une valeur ajoutée déjà dans le domaine culturel, avec des écrivains, des sculpteurs, des peintres. Ensuite, les 2 millions de citoyens Roumains qui travaillent en Europe, ceux qui promeuvent la culture roumaine, reconnus et appréciés par leurs partenaires. En dehors du capital humain et culturel, la Roumanie possède une situation géographique particulière qui en fait, avec l'ouverture sur la mer Noire, une zone clé dans la politique de voisinage de l'Union Européenne.

14.
Quelles festivités voudriez-vous voir se réaliser lors de la Journée de l'Europe?

En dehors des activités organisées dans les institutions européennes, dans les capitales européennes, je pense que des évènements devraient être avoir lieu dans chaque région de chaque Etat membre, afin que les citoyens ressentent ce jour-là que c'est une fête qui s'adresse à eux. Les événements doivent aussi être plus diversifiés, des concours pour les enfants, des concerts gratuits mettant en scène des artistes européens afin que les citoyens se sentent plus européens. Et pour cela, les députés européens doivent être un très bon relais dans leur pays en ayant plus de créativité et d'initiative.

15.
Pour vous, quelles sont les personnalités les plus emblématiques de l'Europe? En quoi ces personnes sont-elles remarquables?

Il y a encore beaucoup de personnalités européennes que je souhaiterais citer mais je vais me limiter à quelques unes. Durant la période de pré - adhésion, j'ai eu la chance de connaître le président du PPE qui est aujourd'hui président du Parlement Européen, Monsieur Pöttering. Il s'agit d'une personne très impressionnante, compétente et rigoureuse. à cette même époque, le président du Parlement était Monsieur Borrel-Fontelles. Il a joué un rôle très important et efficace dans l'adhésion de la Roumanie. Une personnalité tout aussi impressionnante est Monsieur Barnier, ancien commissaire européen qui, en plus de sa contribution à l'histoire récente de l'UE, a une position importante dans les domaines de protection civile et les mécanismes de défense de l'UE dans les zones de catastrophes et de désastres. J'ai beaucoup d'affection pour mesdames Nicole Fontaine et Doris Pack. Cette dernière, la présidente de l'organisation des femmes du PPE, tient à ses convictions et fait intervenir le problème de l'égalité des genres dans la plupart des débats qui ont lieu dans l'enceinte du Parlement Européen.

16.
De quoi rêvez-vous pour l'Europe?

En tant que membre de la délégation au Parlement Européen des relations UE-Moldavie, le rêve que je souhaiterais concrétiser est que la République de Moldavie, dans un laps de temps raisonnable nécessaire pour se remettre à niveau, adhère à l'Union européenne.

Je souhaite que la solidarité, principe fondamental de l'UE, soit rendue visible dans tous les moments difficiles rencontrés par les Etats membres, comme les incendies de l'été 2007 qui ont dévastés la Grèce, les sècheresses rencontrées en Roumanie ou les feux de forêt de Bulgarie. Je souhaite que la solidarité devienne réalité et soit ressentie par les 500 millions de citoyens européens.

17.
Quelles sont les valeurs auxquelles vous croyez?

Je crois en la liberté, je crois en la solidarité européenne, je crois en la cohésion.

18.
Avez-vous éprouvé des difficultés à concilier votre rôle de mère avec votre mandat politique?

J'ai rencontré des difficultés en effet, surtout dans la première partie de carrière politique, lorsque mes deux enfants étaient encore petits et lorsque je me demandais souvent si je ne devrais pas m'impliquer moins dans la vie publique. Heureusement, j'ai eu la chance d'avoir des enfants très sages et studieux, ne rencontrant aucun problème à l'école. En voyant la réussite scolaire et professionnelle, je pense que j'ai réussi à concilier harmonieusement ma vie de famille et mon mandat politique. Je suis pleinement satisfaite de ce que j'ai accompli.

19.
Avez-vous rencontré des difficultés en tant que femme à entrer en politique? Si oui, lesquelles?

Au début, il y a eu quelques obstacles que j'ai dû surmonter. Mais j'ai un principe très clair, je pense que lorsqu'on s'implique sincèrement dans son travail et qu'on l'exécute avec rigueur, on finit toujours par être récompensé. En procédant de cette façon, les gens oublient vite qu'on est un homme ou une femme. Il existe alors une réalité qui ne peut être contestée, celle du travail bien fait.

20.
Quel est le cheminement d'un rapport au sein du Parlement européen, de sa création jusqu'à son adoption en séance plénière?

La Commission européenne dispose de l'initiative normative. Elle transmet sa proposition de "texte législatif" au Parlement. Lors de la réunion de la "Conférence des présidents", les groupes politiques négocient pour déterminer à quel groupe politique appartiendra le rapporteur. Une fois les négociations terminées, le groupe politique désignera son rapporteur dans la commission parlementaire concernée par la matière traitée. Les autres groupes politiques nommeront un rapporteur fictif (ou shadow rapporteur) chargé de suivre plus attentivement le rapport et d'informer le groupe de ses intérêts.

La commission en charge du rapport est responsable au fond, mais il arrive que la proposition traitée touche à plusieurs domaines et alors on désignera les commissions qui donneront leur avis sur le dossier. Le rapporteur fera parvenir un premier projet de rapport à la commission après quoi les députés, membres de ces différentes commissions, pourront déposer des amendements sur ce projet. Ces amendements sont votés en commission généralement selon la ligne du groupe politique, ensuite, on met aux voix du texte en entier.

Lors de la séance plénière suivante, le rapport est approuvé ou rejeter par l'assemblée parlementaire.

Il existe différentes procédures de législations européennes qui impliquent plus ou moins le Parlement européen.

Tout d'abord, selon la procédure de consultation, la proposition de la Commission est soumise pour avis au Parlement européen, au Comité économique et social et, le cas échéant, au Comité des régions. Le Conseil n'est cependant pas lié par ces avis lorsqu'il statue définitivement sur l'acte à la majorité prévue par le traité pour le domaine politique concerné.

Ensuite, La procédure d'avis conforme donne au Parlement européen la possibilité d'approuver ou de rejeter certains actes proposés par le Conseil au terme de la procédure. Cependant, le Parlement ne peut proposer aucun amendement.

Introduite par l'Acte unique européen, la procédure de coopération renforce de l'influence du Parlement européen. Ce dernier rend un avis sur la proposition de la Commission en première lecture. Ensuite, le Conseil arrête une position commune. Le Parlement européen peut lors de la seconde lecture proposer des amendements à cette position commune ou la rejeter. Le Conseil est, en fin de compte, seul à statuer; toutefois, le Conseil doit réunir l'unanimité pour adopter les actes amendés ou rejetés par le Parlement européen.

Enfin, la codécision devient la procédure législative ordinaire : elle confère le même poids législatif au Parlement européen et au Conseil de l'Union sur un large éventail de domaines. La Commission envoie sa proposition au Parlement et au Conseil. Ces derniers l'examinent et en discutent deux fois en succession. Après deux lectures, s'ils ne peuvent se mettre d'accord, la proposition est présentée devant le Comité de conciliation, composé d'un nombre égal de représentants du Conseil et du Parlement. Une fois que le comité a conclu un accord, le texte convenu est alors envoyé au Parlement et au Conseil pour une troisième lecture, de sorte qu'ils puissent finalement l'adopter comme texte législatif. L'accord final des deux institutions est indispensable pour adopter le texte.